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Si le premier album de Fred Alpi, en 2000,
était une collection de chansons sur fond de rock, ce nouvel
opus, lui, est résolument un album de rock sur lequel Fred Alpi
pose des textes courageux,
concernés et imagés.
La musique s'est durcie entre-temps, pour atteindre une densité
électrique lancinante et parfois spectrale, la musique d'un groupe
qui semble avoir trouvé sa propre alchimie collective, pâtinée
à l'aune des concerts et de la route. Sans doute, aussi, la patte
d'Alexander Hacke y est-elle pour quelque chose. On n'appartient pas
à un groupe comme Einsturzende Neubauten pour se fendre d'une
production aléatoire et futile. Une musique qui tisse la toile
sur laquelle viennent se poser des mots à la rudesse lucide,
précise et tranchante. Des années de métro et d'engagement
libertaire (le rouge et le noir comme couleurs dominantes de la pochette
ne trompent pas) ont permis à Fred Alpi de développer
une écriture aussi peu conventionnelle et innocente que possible.
Il se pose en observateur implacable de notre société,
de ses petits travers, de ses mesquineries, de ses pseudo-héros
de seconde zone, il philosophe comme on boit un café, avec nonchalance
et volupté, il ironise et témoigne, apostrophe et nous
appelle à l'insurrection intellectuelle. Un "vent glacé"
souffle sur ce disque, vivifiant et revigorant.
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