Fred Alpi, le rock noir de l’anar
Du rock amiénois des années quatre-vingt aux scènes berlinoises
en passant par le métro parisien, Fred Alpi poursuit son parcours de rocker
anarchiste. Il sera demain en concert à Longueau.
Retour aux sources. Vendredi 4 avril, Fred Alpi revient à Amiens (ou,
pour être plus précis à Longueau) " la ville ou j’ai
tout découvert et tout appris ".
Les " quadra " s’en souviennent peut-être. Fin des années
soixante-dix, début des années quatre-vingt, Fred Alpi arrive sur
la scène amiénoise. Encore lycéen à la cité scolaire
il fait partie de " CQFD " avant de participer brièvement à l’aventure " Guerre
Froide " dont il fut du dernier concert.
Né en Suède mais amiénois depuis l’âge de six
ans, Fred Alpi composera encore quelques morceaux avec " SS 20 " puis " L’art
du combat " qui ne monteront toutefois jamais sur scène. Il prend
ensuite son bâton de pèlerin pou vivre à Bruxelles puis à Berlin,
lieu de toutes les révélations.
"
Il y a beaucoup de contes et légendes qui planaient au-dessus de Berlin
et ça m’excitait beaucoup " ; explique Fred Alpi. " Et
de vivre là-bas, ça m’a permis de faire tomber beaucoup de
clichés. A Berlin, on est comme sur une île, tout est possible.
J’y ai trouvé une grande liberté de création qu’il
n’y avait pas en France. Il y a une réelle liberté artistique
avec la possibilité de bien s’organiser. "
Fred Alpi y rejoindra " Sprung aus den Wolken ", groupe mythique de
la scène berlinoise avec qui il se produira plusieurs années. Mais
l’envie de s’exprimer en français le fera revenir à Paris.
Il commence alors à chanter dans le métro et vit de son autre passion,
apprise à Amiens elle aussi : le kung-fu dont il est professeur. " Ca
m’a aidé beaucoup cet art martial, j’ai échangé le ‘sexe,
drogue et rock an roll’ par ‘sexe, kung fu et rock an roll’ et
je ne m’en plains pas".
En 2000, Fred Alpi sort son premier CD : " Ici & Maintenant " sous
son propre label " Parce que l’on est jamais aussi bien servi que
par soi-même ". Et que ça lui permet de faire exactement ce
qu’il veut.
Car Fred Alpi n’a pas choisi la voie facile. Il n’a jamais quitté celle
de l’artiste engagé : " Le problème c’est que
soit tu galères trop et tu t’uses, soit ça marche et la tentation
est grande de faire autre chose. La liberté se situe entre les deux. Bon
en ce moment je ne suis pas connu du tout, alors c’est facile… "
Du rock libertaire, électrique et engagé
Engagé dans ce qu’il appelle lui-même un rock libertaire,
il associe un son très électrique à des textes acides et
révoltés dans la mouvance des chansons contestataires des années
soixante-dix. Sans pour autant se sentir décalé dans le temps : " Il
y a eu effectivement dans les années soixante-dix une vague de chanteurs
engagés comme François Béranger ; mais je n’ai pas
eu l’impression qu’il y ait eu de rupture. Parce que dans tous les
milieux musicaux ou je me suis trouvé, le punk etc., il y avait toujours
une démarche politique, une vision sociale derrière. "
Le rap aussi s’est situé dans ce mouvement : " Mais il a beaucoup
perdu de ça et j’ai des potes rappeurs qui sont désespérés
parce qu’aujourd’hui le rap c’est devenu une grosse épicerie. "
Dans son CD " Les chiens mangent les chiens " qui vient de sortir,
Fred Alpi reste loin des tentations. Et continue à chanter haut et fort
sa passion libertaire. Et lorsqu’il chante :
"
Dévoré par le feu
Dévoré par la foi
Il en appelle a dieu
Pour partir au combat
Ce même Dieu qu’en face
Une même servitude
Sanglante et dégueulasse baptise certitude "
On se dit que son combat est d’actualité.
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