Chroniques Radios lettre d'actualité
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FRED ALPI
Les chiens mangent les chiens
(Nidstång – Fairplay/SED – 2003)
Durée 53'11 - 13 Titres )

10 Questions à Fred Alpi par Dan Inger & Patrick Caseiro


Dan - Fred, avant toutes choses, peux tu nous résumer ton parcours musical et discographique ?

Mon parcours musical a commencé par mon intérêt pour Georges
Brassens, à l¹âge de 12 ans, puis par la rencontre avec le punk-rock
quelques années plus tard. Le punk-rock est la musique qui reste l¹énergie
de base de ma démarche. J¹ai longtemps été bassiste, et notamment joué de la musique industrielle et expérimentale, ce qui m¹a ouvert les oreilles et
l¹esprit, avant de m¹attaquer à mon propre répertoire de chanteur, avec des
textes en français, d¹abord chantés seul à la guitare acoustique. J¹ai
ensuite rencontré des musiciens avec qui j¹ai enfin pu ré-électrifier ma
musique et lui redonner cette énergie rock que j¹apprécie tant. De là sont
nés deux albums, « Ici et maintenant », en 2000, et « les chiens mangent les
chiens », en 2003.

Dan - Pourquoi as tu eu le besoin de sortir le disque « Solo acoustique » ?

Je n¹ai pas sorti d¹album « solo acoustique », j¹ai juste mis sur mon
site quelques extraits de concert que j¹ai fait en acoustique, ce qui
m¹arrive parfois, notamment pour des concerts de soutien. Et c¹est vrai que
certaines personnes apprécient beacoup cette formule et souhaiteraient que
je sorte un CD comme ça. Mais je préfère jouer avec le groupe, c¹est plus
dans ma culture musicale, et l¹amitié est une valeur que j¹aime partager sur
scène aussi.

Dan - « On peut tuer un chanteur mais pas des chansons ! », phrase tirée de ton morceau « Joe Hill », dévoile bien le personnage que tu es, comment t'est venu ton côté engagé ?

Le plaisir d'écouter, puis de jouer, une musique qui porte des idées
fortes, que ce soient au travers des textes ou de ce qu'exprime la musique,
est venu au fur et à mesure de mes découvertes musicales. J'aimais Brassens
pour sa critique de la société, le punk-rock a également répondu à mon
besoin spontané de révolte. Mes choix de vie, mes rencontres et mes lectures
ont ensuite transformé cette attitude en engagement, il ne me semble en
effet pas concevable de me résigner à subir un système de société qui aliène
ma liberté et celle des mes contemporains.

Patrick - D'ailleurs, quelle est ta vision de la société actuelle ?

La société actuelle est soumise à une vision quasiment religieuse où
la finance prime sur toute autre considération, et où aucun autre choix de
vie n'est toléré. Le pouvoir, qui auparavant s'appuyait sur la religion avec
les mêmes buts de contrôle social, impose désormais l'idée que tout doit
être soumis à la loi de l'argent, et que seule la consommation serait
garante de la liberté et du bonheur sur terre.

Patrick - Et des médias, en général ?

Les médias de masse, soumis aux pouvoirs financiers, ne sont que les outils de propagande de cette idéologie totalitaire.

Patrick - Que penses tu marché du disque ?

L'art n'est envisagé dans ce système que sous son aspect de
divertissement, c'est à dire avant tout comme produit de consommation, et
surtout pas comme prétexte à une réflexion. Le marché du disque, contrôlé
par des multinationales dont le seul but est le profit à court terme, pousse
cette logique jusqu'à la caricature, avec la volonté délibérée d'occuper la
totalité du champ de l'expression musicale, tentant ainsi d'étouffer toute
autre démarche artistique ou intellectuelle.

Dan - Fred revenons, si tu veux, vers la musique ! Quel est ton meilleur souvenir de concert ?

Le prochain !

Patrick - Tes morceaux laissent pas indifférent, mais je parie que c'est sur scène qu'ils prennent toute leur ampleur... ?

C'est vrai que la scène est l'endroit où je préfère jouer de la musique (et l'écouter d'ailleurs). Je ne suis pas un musicien virtuose, c'est plutôt dans l'émotion que je m'exprime le mieux, et celle-ci est beaucoup plus perceptible sur scène que sur un enregistrement.

Patrick - Peux tu nous raconter ta rencontre avec le portugais de la
bande ?

Cette rencontre a été le fruit du hasard, par l'intermédiaire d'une
amie commune ­ portugaise elle aussi. Nous avons eu envie de faire un bout
de chemin ensemble malgré nos parcours et nos univers musicaux très
différents. José a depuis quelques mois préféré se consacrer de nouveau à
ses projets personnels, notamment à son travail d'arrangeur de studio, qui
est son domaine de prédilection, et nous ne jouons plus ensemble désormais.

Dan - Quels sont tes projets ?

Continuer à avancer dans la direction que j'ai choisie depuis des
années, et qui me donne de plus en plus de plaisir. Je joue en effet de plus
en plus souvent en concert, où je trouve un public un peu plus nombreux à
chaque fois, et surtout, très attentif et sensible à mon engagement
politico-poétique. Cette confiance me touche et me conforte dans mes choix,
le troisième album, que je commence lentement à préparer, sera donc le
témoignage de cette lente maturation.

Noturna webzine - Merci Fred !!!

Merci à vous, et à bientôt.
Amitiés libertaires.

 
Noturna webzine  Février 2004
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