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Fred ALPI Récit de la tournée
au Québec |
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| Vous y étiez ? Vous n'y étiez pas ? Vivez ou revivez une tournée exceptionnelle La vidéo : l'interview et des extraits de concerts Les radios : les fréquences des radios canadiennes aller sur le site www.fredalpi.com |
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1re Tournée Québec 2001 25 juillet |
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26 juillet Un peu explosés par le décalage horaire, nous partons nous ballader dans le vieux Montréal. On y traîne pas trop, cest touristique, on sent bien que la vraie vie nest pas là. Bien sûr, il y a quelques vieilles constructions qui ont de la gueule, ce sont leurs antiquités à eux, mais comme tout quartier touristique dans le monde, on baigne dans un mélange de nostalgie niaise et de souvenirs pour blaireaux au goût de chiottes. Passage dans le quartier chinois, un vrai Chinatown avec portail à lentrée et à la sortie, ornés de dragons en colère, comme ils le sont toujours, jamais contentes ces bêtes là. Les concerts commencent demain, ce qui nous laisse un peu de temps pour nous ballader. Interview avec Julie, de CIBL, une radio libertaire locale, qui a dailleurs été la première à diffuser lalbum au Québec. Je reçois un coup de fil dun certain Matthieu, qui mappelle de la part damis communs : il coordonne louverture dun squatt qui doit se faire le lendemain, et me demande si on veut bien faire un concert de soutien. Il ne sait pas trop dans quelles conditions ça peut se faire, parce que chaque fois quun squatt sest ouvert à Montréal, il ne sest pas passé plus de quatre heures avant que la police ne disperse tout le monde avec la délicatesse quon lui connaît. Ça veut dire quon ne peut pas vraiment compter pouvoir jouer avec une sono et des amplis pour l'instant. Louverture doit se faire demain, dans un lieu bien entendu encore secret, à lheure où nous donnons notre premier concert. On verra ce quon peut faire, si on peut débarquer après et jouer quelques morceaux, même en acoustique. |
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27 juillet Aujourd'hui, ce sera le premier concert. Pour l'instant, interview sur CISM, où nous jouons quelques morceaux en direct. Bon esprit dEtienne, lanimateur, qui pose des questions intéressantes, on est en forme pour y répondre. Et remontés par les récents événements de Gênes. Ballade en ville, terrasse, observation comparée et commentée de la gent féminine, cest à dire le genre de choses que je ne fais jamais à Paris, puis on se prépare lentement au concert du soir, au Café Chaos. La salle de concert se trouve sous le café, dans un sous-sol avec une petite scène. Le public arrive tard, cest une habitude ici, ce qui me laisse le temps de discuter avec le gars qui soccupe des entrées, un certain Sébastien, chanteur dans un groupe de heavy métal, mais en même temps étudiant le chant tibétain depuis 4 ans. Il m'explique les techniques de chant de mantras, du Tibet et de Mongolie, tout en faisant une démonstration concluante. Ça faisait longtemps que javais envie den savoir plus sur ces techniques,mais les occasions sont rares de rencontrer des personnes qui les maîtrisent et en font profiter avec autant de générosité. Le premier concert se passe bien, pas beaucoup de monde, une grosse cinquantaine de personnes, mais elles ont lair dapprécier. Et cest le plus important. De toutes façons, je me doute bien que nous nallons pas remplir les stades ici, pratiquement personne ne nous connaît. Et je naime pas les stades. Après le concert, direction le squatt de la rue Overdale, ça y est, on sait où cest maintenant. Il y a pas mal de monde, environ deux cents personnes, la plupart devant la bâtisse, parce que comme il ny a pas délectricité, il est difficile de faire quoi que ce soit à lintérieur. Ça cause pas mal, ça surveille les allées et venues de la police, qui entoure le lieu. La plupart des squatteurs sont jeunes, beaucoup de filles, mélange hétéroclite de punks, de redskins, de crusts, de hippies et dautres qui nadoptent pas de look particulier. Latmosphère est un peu tendue, une charge de la police est possibleà tout moment. Pour le concert, ça ne sera pas ce soir, ils préfèrent attendre de voir sils arrivent à tenir quelques jours et à organiser quelque chose. Cest vrai quacoustique en plein air, ça ne donnerait pas grand-chose. |
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28 juillet Grâce à Indymedia, on suit l'après Gênes au quotidien, c'est vraiment dégueulasse ce qui s'est passé là-bas, les flics se sont comportés comme des ordures, pire encore qu'à leur habitude, ça a l'air de faire des vagues. Ça fait un peu plus dune semaine que Carlo Giuliani a été assassiné, ça crée un traumatisme jusquici. Jean-Robert a organisé un barbecue dans les locaux de Local Distribution, il a invité quelques artistes québécois, des journalistes et des programmateurs, nous jouons quelques morceaux en acoustique, cest assez intime. Cest la première fois quon joue les morceaux sous cette forme ailleurs quà la radio. Pour parler franchement, cest marrant pour deux ou trois morceaux, mais ça me confirme sil en était besoin que je mamuse beaucoup plus en version électrique. Mais lambiance est bonne, tout se passe à la bonne franquette. La grosse caisse que Julien utilise fait marrer tout le monde. Il se sert de l'étui rigide de sa caisse claire grâce à un système qu'il a bricolé. C'est vrai qu'il est adroit de ses mains, bien des femmes vous le confirmeront. Le deuxième concert a lieu ce soir-là au Cheval Blanc, pas loin. Léopold Z fait la première partie, ils chantent même une chanson de Joe Hill traduite en français (ils ne savaient pas qu'elle était de lui, l'attribuant à un inconnu). Le lieu est un bar avec une scène, cest un peu plus "chanson" que la veille, étant donné l'endroit et la sono, mais il y a une centaine de personnes et ça plaît visiblement. |
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29 juillet On continue à sillonner la ville, on doit faire au moins vingt bornes à pied par jour. Montréal est très grand, et l'atmosphère change du tout au tout d'un quartier à l'autre. Les quartiers anglophones sont plus bourgeois, sans aucun doute. Seul truc vraiment pénible, la climatisation, omniprésente ici, qui te ruine les sinus ; comme je dors dans la même pièce que JAP, je peux confirmer qu'il ronfle encore plus que d'habitude. Le passage incessant du chaud au froid lui a filé la crève, il faut dire quil fait très chaud ces jours-ci. Cest dimanche, et comme souvent les dimanche, il ne se passe pas grand chose. On fait un tour au squatt de la rue Overdale, la vie sorganise, les filles semblent particulièrement actives. Bien loin du cliché punk-alcoolo-avec-chien-à-bandana qui prévaut quand la presse parle de squatt, ici cest plutôt un vent libertaire et autogestionnaire qui souffle. Cantine collective, construction dun escalier, rondes de surveillance pour tenir les flics à lil (qui eux-mêmes filment et photographient allègrement tout le monde, planqués dans des immeubles alentours - réquisitionnés), aménagement dun dortoir, les squatteurs tiennent bon et sorganisent pour sinstaller dans le temps. Le drapeau noir flotte fièrement sur lédifice, des banderoles rouges et noires y sont accrochées, rappelant à toutes et tous de détruire l'Etat avant qu'il ne nous détruise. Linitiative commence à faire vraiment du bruit, les télés locales sont là en permanence et informent les populations en direct à chaque journal télévisé. Le ton a dailleurs changé. Agressif au début vis à vis des squatteurs, les medias deviennent en effet plus nuancés dans leurs propos. En effet, les squatteurs recueillent de plus en plus de soutien, notamment de la part de la population du quartier. Le bâtiment quils occupent est inoccupé depuis 10 ans, ne sert à personne, et est le dernier vestige dun quartier qui a été rasé à lépoque suite à des magouilles immobilières tellement énormes quelles nont même pas permis les spéculations quelles étaient sensées générer. A Paris au moins, il y a une classe politique qui a toujours su faire vite fructifier l'immobilier après avoir rasé les quartiers. Il y a bien entendu des assemblées générales interminables, mais une chose est dores et déjà certaine : quelle que soit lissue de cette opération, des gens se sont rencontrés, ils ont échangé de idées, ils se sont pris en charge et ont décidé quune autre vie est possible. |
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30 juillet Ça y est, en additionnant les bonnes volontés, on trouve un groupe électrogène, et nous ferons un concert ce soir au squatt, en compagnie de Jeunesse Apatride. En attendant, interview radio dans les locaux de CIBL, en compagnie dAnik, avec version acoustique de quelques chansons à la clé. On repasse chez Local Distribution, interview par téléphone avec une radio de la ville de Québec, que malheureusement nous ne visiterons pas cette fois-ci. Mais lanimateur a lair très motivé par une future venue. Je te promet quon viendra ! Enfin, le concert. Tout sorganise à larraché, on trouve des amplis et des micros au dernier moment, la batterie est bien fatiguée et il faut fabriquer des baguettes avec des branches entourées de ruban adhésif, mais lénergie est là, et cest finalement ça le plus important. Jeunesse Apatride attaque, cest vraiment le mot, ça a une pêche d'enfer et les deux cents personnes présentes pogottent dans tous les sens. Caroline, la chanteuse du groupe, sait mener le set, malgré les conditions techniques plus que sommaires, du câble de micro plein de faux contacts à la lumière qui saute. Nous enchaînons, et les morceaux prennent une couleur punk-garage qui leur va très bien, on fonce dans le tas sans chipoter, on est tous là pour samuser. De lélectricité et de la chaleur, que demander de mieux ! On file vers une autre radio décidément ça a été un vrai marathon - avec un certain Ramon Vitesse, sur CKUT. On a beaucoup parlé, ça sortait tout seul, tout excités quon était du concert quon avait donné à peine une heure plus tôt. Ramon était étonné à la fin de l'émission de n'avoir passé que la moitié de la musique qu'il passe d'habitude, mais ça ne devait pas être inintéressant, cest vrai que le ton de lémission était bien loin des questions type « et vous écrivez vos chansons le matin ou le soir ? » ou « quel type de cordes utilisez-vous ? ». Là, ça parlait de la vie, du pourquoi des choses, qui est bien plus intéressant que le comment. Pour ça, le mieux est découter. |
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31 juillet. La journée commence par un passage dans une émission de Radio Canada, accompagné de Jean-Robert, de Local Distribution. Cest tout de suite plus officiel que les radios indépendantes. Pour parler franchement, je ne suis pas un fan des interviews, je ne suis pas assez narcissique pour ça. Alors il faut vraiment quil se passe quelque chose avec lanimateur. Sinon, ça ressemble plus à un entretien dembauche. Nous avons ensuite rendez-vous avec François, du site internet Netmusik et Flipr, site qui permet de diffuser gratuitement de la musique tout en rémunérant les artistes, ce qui est une première du genre. Ça fait plusieurs mois que je suis en contact avec François, le site diffuse déjà la video de notre concert à lElysée Montmartre. Sarah vient ensuite faire une interview filmée qui sera également diffusée sur Netmusik, avec des extraits du concert de demain à lX. Nous partons ensuite au squatt, où les négociations vont bon train. Le collectif qui sest créé veut créer un véritable centre autonome, social et culturel. Après avoir été très fermes face à la municipalité qui a dabord essayé de les amadouer en leur faisant des promesses aussi vagues et farfelues que celles que les politicards font en fin de banquet de campagne électorale, ils sont en passe dobtenir un autre local désaffecté, mais lui pourvu deau et délectricité. Une fois de plus laction directe a payé. Cest partout pareil, il y a plein de locaux inutilisés pendant des années alors que des milliers de gens narrivent pas à trouver de logement décents et que le prix des loyers explose. Je narrive pas à croire que ce mouvement de « gentryfication » comme ils disent ici (embourgeoisement des quartiers populaires) soit du au hasard, cest tellement un classique du genre ! |
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1er
Août C'est ce soir qu'a lieu le concert des FrancOFFolies, il parait que ça va être bondé ! Encore un passage à Radio Canada, ça tombe bien, ça colle à lactualité puisque dans la même émission ça parle du collectif de la rue Overdale. Du coup lémission est dynamique, et je peux parler à la fois de la musique que je fais mais aussi de ce que je veux exprimer à travers elle, avec et au-delà des mots et des sons. Cest vrai que cette initiative a changé le regard que beaucoup portaient sur ce type daction. Des groupes de personnes se prennent en charge, sorganisent démocratiquement, sans violence et proposent une logique de vie qui ne soit pas basée sur la recherche exclusive du profit financier. Ça semble tomber sous le sens, mais comme cest lexception de nos jours, ça surprend. La phrase de Joe Hill « ne vous lamentez pas, organisez-vous » qui figure dans lalbum a souvent été citée, elle a pris ici tout son sens. Concert. Cest le OFF des Francofolies, cest quand même ce concert qui a déclenché notre voyage au Québec. Le thème en est « amour et anarchie », lesprit de Léo Ferré nest pas mort ! Il a lieu a lX, une salle de concert autogérée qui programme de la musique assez radicale. Ce sont les Québécois de Dr Placebo qui ouvrent la soirée, avec deux bassistes, un batteur et un chanteur qui rugit dans le micro. Sombre et sauvage. Puis cest à nous, on envoie le set avec bonheur et comme dhabitude, ça passe trop vite. Laccueil du public est formidable, je suis à ce moment certain que nous allons revenir tourner au Québec. Plusieurs personnes viennent après le concert me parler des textes des chansons, les Québécois sont peut-être plus sensibles que les Français à lécriture et au sens donné à la musique. Il est vrai que cest une question de survie intellectuelle ici, entourés quils sont par la culture américaine dont la volonté hégémonique est directement perceptible. Un gars jette des photocopies sur scène pendant le concert, je découvrirai après celui-ci quil sagit dun recueil de poèmes de Franck Laliberté, un poète punk qui veut me les faire connaître. Je les ai lus plus tard, ils sont très forts, emplis damour et de chaos. Cest ensuite le tour des Belges René Binamé, leurs ritournelles anarcho-punk remportent elles aussi un franc succès. Une bien belle soirée, tout à la fois éclectique dans sa programmation mais très cohérente dans son esprit. Merci encore Jean-Robert (encore lui !) davoir organisé tout ça. |
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| 2 Août Jean-Robert voulait nous emmener aujourdhui dans une réserve indienne, mais nous sommes depuis longtemps conscients que leur situation est sordide, ils continuent à être génocidés à coup d'alcool et de dope, et nous ne nous sentons pas lenvie de visiter un zoo humain, ce que malheureusement les réserves sont devenues depuis longtemps. On se ballade dans le centre et on tombe nez à nez avec Arno ; le hasard fait bien les choses, javais envie de le rencontrer. Jaime bien ce quil fait, et ce depuis que je lai vu dans une petite salle en Flandre dans les années 80, alors quil sortait son premier album avec TC Matic. Je le vois sur scène le soir aux Francofolies. La classe. Cest un mec qui mémeut. Il y a également ce soir-là un concert de Firmin Muguruza et du Dub Manifest, original, intelligent et très belle présence sur scène. Comme quoi la musique peut être festive sans pour autant ressembler à du baloche pour club de vacances, ce qui semble être la règle depuis quelques temps en France. |
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3 Août On part à la campagne, direction sud-est, pour jouer au Mystique Festival, dont cest la première édition cette année. Autant dire que personne ne sait à quoi sattendre. On arrive après deux bonnes heures de route, ça nous donne déjà loccasion de découvrir dautres aspects du Québec. Cest pas pour dire, mais ça ressemble à la Suède et je trouve ça très beau. Cest vrai, la vue de paysages vallonés où dans les forêts se mêlent des résineux et des bouleaux me rend serein. On arrive dans un grand champ, vide, au milieu de nulle part, avec une scène et une sono en train de se monter. Cest là. On est accueilli par les organisateurs, mélange dhommes des bois et de rastas, pas lair stressés du tout. Mais alors pas du tout. Et déjà raides défoncés à midi, ils se sont pourtant réveillés il y a peu de temps. « Vous êtes rendus loin dans le bois » nous disent-ils avec un accent plus prononcé encore qu'à Montréal. Ils nous expliquent que tout a pris un peu de retard, et quon a le temps daller se ballader, quil ne se passera rien avant la fin de laprès-midi, voire le début de soirée. On en profite pour aller déguster un hamburger de Bison dans le village le plus proche, à 15 bornes. Jap et Julien font un billard, histoire de faire un peu de sport. On file ensuite se baigner dans un lac sauvage, et ça cest un grand moment de bonheur. Quand on revient, les choses on un peu avancé, mais on a le temps de planter notre tente et de faire connaissance avec les autres groupes avant quil ne se passe vraiment quelque chose. En fait, tout se passe plutôt bien, les conditions sont bonnes, mais cest le public qui manque. Et au lieu des 2000 personnes que devait normalement accueillir le festival, cest devant 150 personnes que les groupes jouent. Mais lambiance est bon enfant, et tout le monde est content. Les groupes se succèdent, dont plusieurs groupes de reprises reggae qui nous infligent avec plus ou moins de bonheur le répertoire de Bob Marley, dont les albums sont en plus diffusés entre chaque groupe. Certains dentre eux poussent le culte de la personnalité assez loin : on se croirait parfois à un festival d'imitateurs, comme pour Elvis Presley. Bob réveille-toi, ils sont devenus fous ! Nous montons sur scène, ce qui vient visiblement réveiller une assistance un peu anesthésiée par la production locale, de très bonne qualité selon les connaisseurs. Notre concert leur donne un coup de speed, ce qui na pas lair de leur déplaire. Là encore, on viendra me parler des textes après le concert, il faut croire que partout au Québec cest une question importante. Puis après nous vient un groupe très intéressant, qui fait de la musique plus personnelle, une sorte de reggae-dub avec des accents rock, Trip it Off. A découvrir. Les organisateurs, complètement défoncés, sont aux anges. Lun dentre eux, le plus raide bien sûr, monte sur scène pendant le set de Trip it Off et part dans un délire mystico-alcoolo-mescalinisé dans lequel il raconte au public sa relation avec les anges gardiens, déclare que la paix commence aujourdhui, jusquà ce quun de ses potes vienne le sortir de scène, parce que même eux ça commence à les fatiguer. On est en pleine ambiance freak brothers, je ne pouvais pas imaginer que ça existait encore des modèles comme ça ! Le bilan est que comme tout le monde a aimé notre concert, les organisateurs nous demandent de rester pour jouer le lendemain, parce que là, cest promis, il y aura vraiment du monde. |
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| CIBL www.cibl.cam.org Chuo FM www.chuo.org Radio Canada http://bandeapart.fm/bandeapart/final/ CISM FM www.cismfm.qc.ca |
4 Août On croise les organisateurs vers midi, ils se réveillent avec une casquette en peau de locomotive sur la tête. Un peu dégrisés, ils sont en train de réaliser quils courent à la catastrophe financière et sont maintenant un peu stressés. Pendant quils sorganisent, nous repartons vers le lac avec quelques sympathiques locaux rencontrés la veille au soir, et on passe encore un après-midi à se baigner et à savourer la nature. On rencontre un gars pas commun qui nous raconte qu'il s'entraîne pour des marathons de natation, genre 40 bornes à la nage. Il est arrivé 8e la dernière fois nous dit-il. Il a une conception assez particulière de l'entraînement : il descend un pack de six canettes de bière, ce dont témoigne un ventre généreux, puis se coince un bidon de plastique vide entre les jambes et se laisse flotter. Mais s'il est arrivé huitième, c'est que ça doit être efficace, non ? Retour sur le site du Festival, où visiblement la foule ne sera pas au rendez-vous. Effectivement, il ny aura pas plus de 300 personnes, mais malgré tout une très bonne ambiance. On joue juste avant Firmin Muguruza, qui fera un très bon concert, ne séconomisant pas, bien que visiblement un peu surpris du manque de public. On rencontre un Français installé au Québec depuis quelques années, chanteur du groupe Chango Family. Il joue ce soir aussi avec Collectivo, qui regroupe aussi des membres Grimskunk. Retour vers Montréal, dans la nuit, parce que demain, cest déjà le retour. |
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![]() Crédit Photos Nathalie Genet Isabelle Bernaleau Jean-Robert Bisaillon |
5 Août |
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