ABUS DANGEREUX N° 68

ICI ET MAINTENANT,

Pour qui n’est pas originaire d’Amiens, le nom de Fred Alpi n’évoque pas grand-chose, à moins que l’on ne soit amateur éclairé d’industriel et que l’on ait aimé autrefois Sprung aus den Wolken. Mais quelque soit son background, la musique de Fred Alpi renvoie au rock flamboyant du Gun Club et de Certain General, plein de guitares tranchantes et magnifiques chevauchant des rythmes enivrants et purs. A leur tête on fait connaissance avec une sorte de tragédien moderne qui traverse un monde malade de trop d’ignorance et de solitude pour reprendre sa source dans une nature encore préservée. Une phrase en anglais et c’est l’accent de Nick Cave que l’on croit entendre éructer de douleur. Parfois c’est le grand Jacques qui parle par sa bouche. Mais bien que cette voix soit ample, belle et fière, on reprochera à Alexander Hacke (Einstürzende Neubauten) de l’avoir mixée trop en avant, enlevant un peu de la magie de la musique elle-même.

Cathimini

octobre 2000